Macaronésie

Le terme Macaronésie provient du grec ancien makaron nesos (Μακάρων νῆσος), qui signifie « les îles fortunées ». Ce terme était utilisé par les anciens géographes grecs pour désigner des îles mythiques dans l’Okeanos de l’ouest (l’océan Atlantique), au-delà des Colonnes d’Hercule, que l’on assimile au détroit de Gibraltar, et où se situait le séjour des morts.

Si la notion de paradis est reliée au concept d’île dans de nombreuses cultures, les îles fortunées sont pourvues d’une aura funéraire pour les Grecs mais aussi pour l’historien judéen Flavius Josèphe (37-95). Pour ce dernier, l’âme, une fois libérée de son emprise charnelle, peut s’envoler et atteindre, purifiée, le bonheur des îles fortunées de l’Atlantique.

Si votre âme doit toutefois voyager avec son corps, la barque reste le moyen de transport privilégié. En témoigne L’Île des morts, tableau du peintre suisse Arnold Böcklin dont l’on connaît cinq versions, toutes réalisées entre 1880 et 1886, et sur lequel on devine le cercueil d’un défunt emmené par une grande figure blanche vers une île mystérieuse.

Si les îles brumeuses et rocailleuses ne vous tentent pas, prenez l’avion pour aller en Macaronésie. Vous atterrirez, au choix, sur les Açores, sur Madère, sur les îles Canaries ou sur les îles du Cap-Vert. Randonnée et farniente seront au rendez-vous pour votre séjour dans ces pays de Cocagne.

Source : Jean Chevalier, Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, 1982, Paris, éditions Robert Laffont, pp. 321-322

Image : capture d’écran du clip de Macarena, chanson propulsée au hit-parade en 1995-1996 par le groupe espagnol Los del Río et, surtout, par Mia Frye qui a changé à jamais notre modus dansendi, pour notre plus grande infortune.

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