Cannibale

Du latin canis : « chien », en référence aux hommes à tête de chien que s’obstinait à chercher Christophe Colomb lors de sa découverte des Antilles.

Aux Bahamas en 1492, Christophe Colomb tente de dialoguer avec ses interlocuteurs si hospitaliers, les Arawaks. Ceux-ci mentionnent l’existence de leurs grands ennemis : les Caribas (les Indiens Carib, qui ont donné leur nom aux Caraïbes). Ces Caribas sont prétendûment cannibales.

Christophe Colomb, qui était alors, comme tous ses collègues navigateurs, rempli de préjugés lorsqu’il arriva dans les Antilles, voulait absolument trouver les hommes à tête de chien décrits par Marco Polo dans son Livre des merveilles. Sur cette terre inconnue devaient en effet vivre tous les monstres illustrés par l’Italien dans son récit ! Ainsi, le Gênois comprit dans les propos des Arawaks le mot « caniba » au lieu de « cariba ». Faisant le lien avec le mot latin « canibus », Christophe fut certain d’entendre la preuve de l’existence des hommes canicéphales. Et comme le grand méchant loup, à savoir les ennemis des indigènes, était anthropophage, le mot « cannibale » fut formé.

Source : conférence donnée le jeudi 3 mars à l’École du Louvre par Pascal Brioist, professeur d’histoire moderne au Centre d’études supérieures de la Renaissance, Université François-Rabelais, Tours

Image : Serge Gainsbourg, pochette du disque L’Homme à tête de chou, 1977. L’album tire son nom de l’œuvre sculptée par l’artiste Claude Lalanne que l’on voit ici dans la cour de la maison de la rue de Verneuil du chanteur.

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