Terre

Du latin terra, emprunté au grec τέρσομαι utilisant lui-même le radical sanskrit tars : être sec, se dessécher. Ainsi, plus que la matière, le mot « terre » convoque en premier lieu l’opposition sec/mouillé. La terre est un continent aride, par opposition à la mer, vaste étendue aqueuse.

Qui dit sécheresse dit espace palpable sur lequel nos pieds reposent sans trop de difficulté (la terre comme territoire, la terre comme planète). Néanmoins, qui dit survie dit humidité : l’eau abreuve la terre qui se transforme alors en champ fertile, en gaya, le bien sanskrit qui met l’homme à l’abri du besoin. Gaïa, c’est d’ailleurs la divinité grecque primordiale, celle qui a donné naissance à toutes les créations. Chez Homère, Gaïa renvoie également à la terre des ancêtres, à la patrie. Dans le monde romain, la terre gaïa est personnifiée par plusieurs noms : Tellus, Terra, Solum et Humus.

Arrêtons-nous sur Humus. Ce nom propre vient, comme terra, d’un radical sanskrit : ksam, la terre, qui débouchera sur le terme grec χαμαι, la terre que nous foulons. Suivant le même fil de pensée, humus désigne ce qui est au sol et accouchera du latin homo. Au fil des siècles, le mot « homme » apparaîtra.

De l’homme à la terre, il n’y a donc étymologiquement qu’un pas. Entre les deux s’immisce Éros, né du chaos en même temps que Gaïa. La Terre ne pouvait qu’être aimée.

Image : couverture du premier numéro du magazine de Terres d’Aventure, pour lequel cette étymologie a été rédigée. Commandez gratuitement votre exemplaire ici.

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