Istanbul

Du grec eis tên polin, « dans la ville ». Polis provient lui du proto-indo-européen tpolh et signifie « citadelle ».

Aux yeux des Étymologiques, il y a de par le monde des villes dotées d’un fort pouvoir d’attraction, que celui-ci relève de l’histoire du lieu, de son art, de sa culture ou de sa gastronomie. Le plus souvent, vous l’aurez compris, l’histoire est déterminante. C’est le cas d’Istanbul, mais aussi de sa voisine Iznik, ou, plus lointaine encore, d’Ispahan. Des femmes et des hommes opèrent un même magnétisme, comme Alexandre le Grand, dont l’auteure de ce blog apprécie tout particulièrement le prénom dans sa version orientale : Iskandar. À l’écriture de ces lignes, et en tentant d’expliquer rationnellement cette fascination, un élément factuel apparaît : tous ces noms commencent par un « i ». Serait-il temps d’explorer l’Islande ?

Pourtant, Istanbul a d’abord commencé par un « l » (Lygos, fondée sur la rive européenne par les Thraces au VIIe siècle av. J.-C.), en même temps que par un « c » (Chalcédoine, fondée sur la rive asiatique par des marchands phéniciens durant le même siècle), puis par un « b » (Byzance, créée par une colonie de Grecs mégariens en 658 av. J.-C.), par un « a » ensuite (Augusta Antonina, nom donné en 196 ap. J.-C. par Septime Sévère mais rapidement tombé dans l’oubli), par un « c » ultérieurement (Constantinople, adopté en l’honneur de Constantin en 324), avant d’adopter le « i » final (Istanbul, suite à la prise en 1453 de la cité byzantine par les Ottomans).

Toutefois, même si le nom d’Istanbul ne commençait pas par un « i », l’ouverture et le cosmopolitisme de cette ville à cheval sur deux continents, peuplée à travers l’histoire par des dizaines et des dizaines de nations (les Grecs avaient l’habitude de répondre « dans la ville » aux nombreux passants posant la question « où sommes-nous ? »), la seule au monde à être traversée par une voie d’eau internationale, abritant des trésors de sculpture, de mosaïque, de peinture, d’art décoratif, débouchant sur le syncrétisme architectural caractéristique de son paysage urbain (les coupoles byzantines associées aux minarets turcs), suffiraient à la faire visiter une troisième fois. Il était important de mettre les points sur les « i ».

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  • S’y rendre : en avion avec de nombreuses compagnies. 3h30 de trajet aller à partir de 150 euros.
  • Visiter : le premier jour, découvrez le quartier de Sultanahmet et les principaux monuments historiques de la ville : l’obélisque de Théodose, Sainte-Sophie, la mosquée bleue, le palais de Topkapı, sans oublier les pépites moins fréquentées que sont l’église des Saints-Serge-et-Bacchus et la mosquée Sokollu Mehmet Pacha. Terminez cette première journée en déambulant dans le grand bazar et dans le bazar égyptien. Le deuxième jour, partez explorer un Istanbul populaire, celui du quartier de Fatih, longuement décrit par Pierre Loti dans ses romans stambouliotes. Depuis le pont de Galata, côté Sultanahmet, mettez le cap vers le nord en visitant de splendides édifices : la mosquée Rüstem Pacha, la mosquée Süleymaniye, le monastère du Pantocrator, la mosquée Fatih, l’église Pammakaristos, l’église Saint-Sauveur-in-Chora et le rempart de Théodose. Redescendez vers Sultanahmet en longeant la Corne d’Or, dont les berges sont majoritairement aménagées pour les piétons. Le troisième jour, jouez les socialites en descendant l’avenue Istiklal depuis la place Taksim : shopping, terrasses, de quoi voir et être vu, pris dans l’effervescence de la jeunesse locale et internationale.
  • S’évader : en bateau sur le détroit du Bosphore pendant une bonne demie-journée, de quoi apprécier les rives européennes et asiatiques de la ville. Attention néanmoins aux fientes, aux abuseurs du selfie et aux cargos incontrôlables éventrant les villas construites au XIXe siècle par les dignitaires ottomans (les yali).
  • Manger : petit-déjeunez le traditionnel et gargantuesque kahvalti au Kemanke Cafe ; avalez un délicieux kebab avec vue chez Hamdi ; dînez un poisson extra frais (toujours avec vue) chez Eleos.
  • Boire : du thé, du thé et encore du thé : assis sur un tabouret du quartier populaire de Fatih ou en terrasse à Beyoglü, vous avez le choix de la déclinaison ; un verre de vin turc ou un cocktail dans tout bar du petit quartier branché de Karaköy, sympathique car accessible sans grimpette !
  • Dormir : l’offre hôtelière d’Istanbul est pléthore mais assez onéreuse. En face du hammam Kilic Ali Paşa construit par Mimar Sinan (1489-1578 ou 1588) lui-même, prenez une chambre ottomano-kistch au Port Hotel pour environ 50 euros la nuit.

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Source : Larousse et Etymonline

Image : vue sur la tour de Galata à Istanbul, © Solveig Placier

 

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